Histoire d'une lampe et d'une petite fille

La lampe crie sur la petite fille

La Reine Lampe – Histoire d’enfance

Intro histoire d'enfance

Histoire d'enfance.

 

"Méfiez-vous des objets à l'apparence trompeuse.

Une lampe, ça n'a rien d'extraordinaire. Ça éclaire, certes. Ça dépanne, soit. Parfois même, ça décore. Et encore...

Éclairer, dépanner, décorer. Merci madame la lampe, on vous rappellera dès qu'on aura besoin de toi.

Les plus discrètes sont les plus perfides. J'en veux pour preuve une que j'ai connue jadis. Une dame rouge, de petite taille, logée au-dessus du lit parental. Un objet parfait pour un lieu simple. Un sujet obéissant, éclairant en un clic la pièce ornée d'un lit, d'un fauteuil, d'une armoire, et de lampes de chevet. Et d'un autre clic, le sujet disposant, se faisant toujours discret.

Le soir venu, cette rusée tombait le masque. Madame était la reine de son domaine. Conciliante en journée, c'était le sbire de son empire la nuit tombée. Les habitants de son pays étaient les propriétaires du lit: le père et la mère.

La lampe sage
La lampe sage

Oui, mais la nuit, un autre individu rejoignait parfois le nid. On ne peut lui en vouloir, la petite avait peur du noir. Et sa chambre ne lui inspirait rien de sûr. Un voleur était caché sous son lit, attendant qu'elle se lève pour lui couper les pieds. Les murs craquaient et des monstres la guettaient. Ses peluches la protégeaient, certes, mais pas autant que ses parents, évidemment.

La petite bondissait de son lit, de sorte que le voleur ne puisse s'emparer de ses pieds, puis, dans l'obscurité, longeait les murs jusqu'à la chambre de ses parents. Discrètement, elle poussait la porte. Et avec un large sourire, elle escaladait le lit parental. Sous ce lit-ci, pas de voleur, nul besoin de sauter ni de prendre de l'élan.

Avec plus ou moins de délicatesse, elle se frayait une place entre ses deux protecteurs, et se rendormait, soulagée, rassurée, et entourée. Ses petits pieds glacés l'avaient dénoncée auprès des dormeurs qui grommelaient, mais, fatigués, n'avaient pas le courage de la déloger.

La lampe crie
La lampe crie sur la petite fille

Une fois la petite emportée par un sommeil profond, blottie dans les draps douillets de ses parents, la reine sévissait. Qui avait osé poser le pied sur son territoire ? Qui avait enfreint le règlement de la chambre des parents ?

Alors, pour terroriser la petite hors la loi aux pieds froids, la lampe grondait. Elle grondait si fort que la petite se réveillait subitement. Elle était tétanisée.

Dans son grommellement, la lampe l'interpellait directement. Elle criait son prénom. C'était tout ce que la petite comprenait de ce langage de colère. Le message était clair : dans ce lit, elle n'était pas la bienvenue. Cependant, la fugitive ne cédait pas. Elle restée immobile, espérant que l'un de ses parents se réveillerait et ferait taire la reine lampe. Après une bonne heure de frayeur, la petite se rendormait. Et au réveil, cet épisode n'était qu'un mauvais souvenir.

Ses parents, eux, n'entendaient jamais la lampe. Les pieds glacés, oui, ça ils s'en souvenaient. Mais les grondements de la lampe, ça non. Le père cependant, se plaignait souvent des ronflements de la mère. La petite, elle, ne les avait jamais entendus, bien trop concentrée sur ceux de la lampe."

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